A la manière de La Fontaine

Publié le par il faut le dire...et parfois le faire

Voilà plus de cinq ans qu'un coq en rien gaulois 
Gouvernait sans partage et imposait sa loi. 
Nombre de volatiles n'osaient le contredire. 
Bien qu'il fut bas sur pattes, c'est le moins qu'on puisse dire. 
D'origine hongroise, ce coq trop agité 
Ne laissait à personne le soin de décider. 
Oui mais dans quelques mois il faudrait bien choisir 
Un chef pour la basse-cour. Qui allait-on élire ? 
« On ne veut plus du coq, il nous a affamés 
Gardant le blé pour lui et pour tous ses poulets » 
Disaient les pensionnaires de notre basse-cour. 
« Voyons un peu pour qui voter au premier tour.» 
Trouver un prétendant n'était pas chose aisée, 
On le voulait plus grand, pas trop mou et racé. 
Une faisane royale aux dernières élections 
Avait perdu des plumes dans cette confrontation , 
D'ailleurs perdu aussi la confiance de ses potes 
Qui cherchaient quelqu'un d'autre pour battre le despote. 
Un jars avait la cote, vieux mâle grisonnant ; 
Dominer et niquer, tel était son passe-temps. 
Partout, dans chaque recoin, on le voyait le soir 
Sauter toutes les oies, qu'elles soient blanches ou noires. 
Pas question de le prendre, il pense trop à la chose. 
Qu'il aille se faire soigner, que nos oies se reposent » 
Clamait un fier dindon venu droit de Hollande 
Qui jurait d'exaucer jusqu'aux moindres demandes. 
Il avait réussi à se débarrasser 
D'une grosse dinde chti qui voulait s'imposer 
En cherchant le soutien des poules et des faisanes 
Par l'interdit des œufs de plus de trente-cinq grammes. 
Ce Dindon courtisait une cane colvert. 
Migratrice, elle venait d'un pays où l'hiver 
Est plus rude qu'en France et pour son grand bonheur 
Avait mis hors combat un pigeon voyageur. 
Au demeurant jolie, elle jugeait qu'il fallait 
Pour pouvoir l'emporter promettre aux poulets 
Nourriture plus saine, une vie plus aisée, 
Mais sans OGM et blé labellisé. 
Le Dindon disait oui mais en réalité 
C'était juste pour lui prendre les voix qu'il convoitait. 
Et pour tout perturber, voila qu'un vieux poulet 
Qui avait trépassé, était ressuscité. 
Prétextant qu'il avait ainsi côtoyé Dieu, 
La place de dirigeant, il appelait de ses vœux. 
Ajoutez à ceux là une sorte de poule d'eau, 
Une espèce marine qui parlait fort et haut 
Et voulait qu’Allah sorte de son poulailler 
Mettre les poules tête nue qui avaient immigré. 
« Elles viennent nous envahir et manger notre blé 
Si on les laisse faire, nos cous elles vont plumer. 
Renvoyons les chez elles à coups de pieds aux cul(te)s, !» 
Tels étaient les propos de notre gallinule. 
Il y en aura bien d'autres d'ici les élections, 
Candidats qui voudront susciter des passions, 
Des paons et des canards essayant de faire croire 
Que dans la basse-cour il faut reprendre espoir, 
Que le bonheur est là, juste à portée de patte.

La basse-cour aussi bien que la haute trouva un autre mou

Partisan d’une normalité supposée sans à coups,

pas plus haut sur pattes que son prédécesseur,

Claironnant du haut de son pédalo à deux places

Que dès demain on allait plumer gratis la volaille… 
Moralité :

Ne croyez jamais les yeux fermés celui qui vous dit d’ouvrir vos poches

Dans l’intérêt supérieur de la Nation, il vous prend pour des cloches.

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